Tabou Combo: les rois du KONPA à Toulouse

Fanfan, Chanteur de Tabou Combo et Dener Ceide à la guitare

Fanfan, Chanteur de Tabou Combo et Dener Ceide à la guitare. Crédits photo: afrozap.

Le groupe haïtien,TABOU COMBO se produisait les 11 et 12 juin dernièr, à Toulouse, dans le cadre de la 19e édition du festival Rio Loco, dédié aux Îles de la Caraïbes.
A cette occasion, j’ai pu échanger quelques mots, avec Yves Joseph alias Fanfan, chanteur et Manager du groupe et surtout membre depuis sa création en 1968.

Entretien avec l’un des maîtres du KoNpa

Retour sur mon entretien avec Fanfan, la conscience tranquille du groupe, dans le hall de l’hôtel « Clocher de Rodez », quartier Jeanne d’Arc, le 11 juin, 17h
Bonjour Fanfan, Vous fêtez vos 45 ans de carrière, quel est votre bilan?

F.« Il est positif pour nous. Malgré des hauts et des bas et la perte de certains compagnons de musique, nous avons continué à partager notre musique dans le monde entier, en chantant en anglais, en espagnol. D’ailleurs nous sommes là depuis le dimanche. Nous avons passé deux jours au Studio Experience, pour enregistrer un medley des meilleurs tubes du groupe. Un single pour fêter dignement ces 45 années de bonheur que nous partagerons avec nos fans très prochainement »
Cela fait très longtemps que vous n’êtes pas passé à Toulouse. Mes sources m’ont parlé d’un concert en 83 ou 84 au Parc des Expostions. Qu’est-ce que cela vous fait de revenir ici après tant d’années ?
F. « (Rires) en fait, je ne me souviens même plus de cela. Mais en même temps nous sommes tellement contents d’être ici. l’équipe du festival nous a tellement bien accueilli que c’est un plaisir d’être ici ».

 En parlant de Konpa, que pensez-vous des productions faites ces derniers temps?

F. « En fait, je trouve que les jeunes musiciens ne revendiquent pas assez. La nouvelle génération n’ a pas d’idéaux. Ce qui rend les textes souvent pauvres. C’est vrai que dans les années soixante, soixante-dix, nous étions dans un contexte politique, social et culturel ou nous devions prendre position. Entre la guerre du Vietam, le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, les Blacks Panthers, nous avions de quoi penser et réfléchir…. Et cette musique nous permettait de nous exprimer sur tout ça. Aujourd’hui, à part parler de femmes… (rires)Oui, aussi nous parlons des femmes et d’amour. Mais, je comprends pas cette fixation sur la mode. Parler de Gucci et Louis Vuitton, on dirait que certains jeunes artistes konpa n’ont pas grand chose à dire. Enfin … »

Justement j’échangeais quelques mots avec Jocel Almeus* qui me parlait du processus de composition de vos morceaux. Et il me disait, qu’aujourd’hui encore,  la création d’un titre se faisait à la guitare 

F. « C’est vrai que maintenant n’importe quelle personne peut faire de la musique. Tabou Combo est un groupe de konpa de  » guitare ». C’est la base de notre son.. On ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Il y a des bases à respecter. Quand on prend le temps de se plonger dans les morceaux de Tabou, on se rend compte qu’il y a une vraie construction musicale. Ernst Marcelin qui nous a quitté en 1989 était un fan de jazz. Il a apporté une nouvelle vision à travers son jeu et ça se ressentait dans ses accompagnements. Le konpa est une musique qui respecte.

Comment cela se passe-t-il avec la nouvelle génération de musiciens qui vient d’intégrer TABOU COMBO ? 

F. « Cela se passe très bien. Les musiciens qui sont là, aiment notre musique. Ils sortent tous de grandes écoles comme Berklee. Ils ont des parcours professionnels trés riches. Il y a quelques temps, je discutais avec Dener Ceide, notre jeune guitariste. Il m’expliquait que ses amis musiciens  lui demandaient pourquoi il restait jouer avec avec TABOU, qu’il etait sollicité par d’autres groupe de Kompa. Sa réponse a été simple. Il voulait jouer le Konpa et notre musique. Il joue de la guitare depuis l’âge de 5 ans. Il a commencé à faire de la scène très jeune. Nous sommes dans un démarche d’échange et aussi de transmission . Nous aimons ce que nous faisons et nous le partageons avec eux

Tabou combo et les nouvelles technologies ?

F. « Nous n’avons rien contre. Au contraire. Il ne faut pas oublier que Tabou Combo a été le première groupe haïtien a sortir sa musique sur CD en 1988. C’était une révolution. Rires … Nous sommes pas fermés aux nouvelles technologies. Si cela permet de faire la connaitre le Kompa dans le monde tant mieux ».

Après Rio loco, quel est le programme ?

F. « Une série de concert notamment Panama, Miami, Boston, Martinique. Nous diffusons le Konpa (Rires). Et puis, il y a la sortie du single que nous avons enregistré, ici. Deux trois prises … l’affaire était bouclée. Un single que nous allons offrir aux fans d’ici la fin juin en téléchargement … On verra. C’est un medley pour faire danser les  » fanatik », pour qu’ils oublient leurs problèmes. La vie est trop courte. Il faut faire les choses que l’on aime. Surtout ne pas hésiter. »

Une dernière question. Qu’écoutez-vous en ce moment ?

F. « J’écoute beaucoup de chose. Mais je suis un grand fan de musique africaine et surtout de rumba africaine. D’ailleurs de dernier album « Konpa to the world », on reprend un titre de Grand Kallé et l’African Jazz, « Indépendance Chacha ». Un titre qui célèbre l’indépendance de la République Démocratique du Congo. C’est vraiment un style de musique qui me touche beaucoup « 

Fanfan&Me _TabouComboMerci à Fanfan pour cet échange. Un moment de partage fort intéressant avec un artiste passionné par son métier même après 45 ans de carrière. Retrouvez l’actualité du groupe TABOU COMBO le site web:

http://www.taboucombo.com/

 

 

 

*Jocel Almeus : Clavier de Tabou Combo

 

 

 

Marie-Noelle

Toulousaine afro-caribéenne, blogueuse, artiste et Community Manager, Je partage mes passions pour, les cultures et talents afro, Toulouse, les médias sociaux, webmarketing, entrepreneuriat et surtout sur LA MUSIQUE.

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